• Auteur : Laurent Gaudé

    Éditeur : Le livre de poche

    2005

    181 pages, couverture illustrée en couleur, 18 cm

    ISBN : 978-2-253-10860-3

    Prix : 5,00 €

    Genre : littérature française

    Thème : première guerre mondiale, souffrance, mort, folie

     

     

    Quatrième de couverture :

    Ils se nomment Marius, Boris, Ripoll, Rénier, Barboni ou M'Bossolo.

    Dans les tranchées où il se terrent, dans les boyaux d'où ils s'élancent selon le flux et le reflux des assauts, ils partagent l'insoutenable fraternité de la guerre de 1914.

    Loin devant eux, un gazé agonise.

    Plus loin encore, retentit l'horrible cri de ce soldat fou qu'ils imaginent perdu entre les deux lignes du front, "l'homme-cochon". À l'arrière, Jules, le permissionnaire, s'éloigne vers la vie normale, mais les voix de ses compagnons d'armes le poursuivent avec acharnement.

    Elles s'élèvent comme un chant, comme un mémorial de douleur et de tragique solidarité.

    Dans ce texte incantatoire, l'auteur de La Mort du roi Tsongor (Prix Goncourt des lycéens 2002, Prix des Lecteurs du Livre de Poche : le choix des libraires 2006) et du Soleil des Scorta (prix Goncourt 2004) nous plonge dans l'immédiate instantanéité des combats, avec une densité sonore et une véracité saisissante.

     

    Mon petit avis :

    Epoustouflant, passionnant, troublant et cela même si, comme moi on n'est pas fana des récits de guerre !

     

    Cris 

     

    4/5


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  • Peut-être vous en êtes vous déjà rendu compte, mais la problématique de l'âge en littérature jeunesse, ado et même young adult me touche beaucoup.
    En effet, je trouve assez réducteur les informations portées par les éditeurs sur l'âge préconisé de lecture de leurs publications.
    Personnellement, je pense qu'un  même roman, album, documentaire... peut être lu à des âges différents.
    Le choix devrait plutôt se faire sur l'identité, la personnalité, la capacité de lecture du lecteur... Les enfants ne sont pas tous sensibles aux mêmes thèmes, ils n'ont pas tous la même maturité ni la même facilité de lecture à un âge donné.
    Bref, je pense que le choix doit se faire au cas par cas.

    Quand je suis tombée sur cette discussion du génial blog coopératif À l'ombre du grand arbre, je me suis tout de suite sentie concernée ; et pour cause, elle s'intitule Dis-moi ton âge... je te dirai quoi lire !
    Tout un programme !


    Et cela fait réellement plaisir de découvrir que d'autres personnes pensent la même chose à ce sujet et que la plupart d'entre elles ne se préoccupent pas vraiment de l'indication d'âge.

    La discussion se poursuit sur la manière de classer les livres dans leurs blogs respectifs et là aussi un beau débat d'idées.


    Parmi leurs réflexions en voici quelques-unes intéressantes, drôles, pertinentes... pour vous mettre en appétit.

    [...]en travaillant en bibliothèque et en tenant mon blog depuis 4 ans, j’ai un bon aperçu de ce qui existe et ça m’incite à offrir des coups de cœur. En plus, c’est plus facile de voir à quel type de lecteur un livre correspond. En fait, je m’intéresse plus au caractère et aux centres d’intérêt du lecteur. J’aime bien aussi offrir des livres un peu atypiques et originaux qui sont pour petits et grands.
    Sophie

    Je crois en effet que la notion de « lecteur » est essentielle, pas celle de son âge mais plutôt celui de son niveau de lecture (s’il lit déjà seul) ou de compréhension (pour les plus petits).
    [...] « Il y a un livre pour chaque lecteur et un lecteur pour chaque livre », il faut juste réussir à les trouver.
    Bouma

    il y a bien d’autres critères que l’âge qui entrent en ligne de compte dans le choix d’un livre comme l’attractivité de la couverture, l’épaisseur, illustrations ou pas,…c’est une alchimie très complexe !
    Pépita

    Le vrai souci de toutes ces catégories d’âge sont surtout les enfants à qui on achète les livres et à qui on les impose, parce que c’est « pour ton âge ». Et quand les parents les laissent choisir, j’entends souvent : « mais ce livre n’est pas pour toi, t’es plus un bébé ». Pourquoi les faire choisir dans ce cas ???
    Dorot

    Un grand merci à Carole, Za, Pépita, Sophie, Bouma, Kik, Céline et Dorot pour cette belle discussion.

    Attention ! voilà ce qui risque d'arriver si on réussi à être de bon conseil (merci à Bibliopathe chez qui j'ai honteusement piqué les illustrations)

     


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  • La maison en petits cubes de Henya Hirata et illustré par Kunio Kato a reçu le Prix Sorcières 2013 dans la catégorie albums.
    J'ai découvert grâce à Les histoires sans fin que cet album était tiré d'un court métrage.


    Le voici :

     

    Magnifique, n'est-ce pas ?


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  • Auteur : Anne C. Voorhoeve

    Traductrice : Florence Quillet

    Éditeur : Bayard jeunesse

    Collection : MilléZimeVis, et sois heureuse, Ziska !

    ISBN : 978-2-7470-2757-1

    Avril 2012

    Couverture illustrée en couleurs, 622 pages, 20x14cm

    Prix : 14,50€

    Genre : roman historique

    Thèmes : seconde guerre mondiale, Angleterre, Juif, Kindertransport, identité, famille

    Age conseillé par la BnF, La joie par les livres et Ricochet : à partir de 13 ans

     

    Quatrième de couverture :

    Janvier 1939. Lorsqu'elle arrive à la gare de Liverpool Street, à Londres, Franziska Mangold n'a que onze ans. Elle a bénéficié d'une place dans un kindertransport, organisé depuis Berlin pour protéger des enfants juifs de la menace nazie.
    Alors que sa famille est convertie au protestantisme depuis deux générations, la fillette est recueillie par les Shepard, des Juifs orthodoxes. À son arrivée, anéantie par son exil forcé, elle cherche sans relâche à trouver une solution pour faire venir en Angleterre ses parents et Bekka, sa meilleure amie.
    Se sentant coupable d'avoir quitté l'Allemagne quand les siens sont en danger, taraudée par mille questions sur son identité, Ziska réussit peu à peu à se construire grâce à l'amour inconditionnel de sa famille adoptive. Mais quand la guerre éclate, sa vie vole de nouveau en éclats.

    Le destin poignant d'une toute jeune fille animée d'une farouche volonté de vivre.

     

    Mon avis personnel, à moi :

    Ziska, 10 ans, vit avec sa famille à Berlin. Avec son amie Bekka, elles ont mis au point un survival plan afin d'échapper au harcélement que leur font subir les autres enfants parce qu'elles sont... juives.
    Les parents de Bekka souhaitent partir pour l'Angleterre et ceux de Ziska pour Shangaï. Mais tout s'accélère ; le père de Ziska est enlevé par les nazis. Sa mère ne souhaite pas partir sans lui.
    Les temps sont de plus en plus dangereux pour les juifs en Allemagne. Des kindertransport sont organisés pour évacuer les enfants. Bekka et son frère se sont inscrits. Ziska, malgré ses réticences sera aussi candidate au départ. Bekka ne sera pas retenue et en voudra beaucoup à son amie d'avoir été choisie.
    Ziska, après un voyage éprouvant, arrivera en Angleterre. Elle fera son possible pour se trouver une famille d'accueil, les Shepard. Va alors commencer pour elle une difficile période d'adaptation où elle cherchera sa place dans cette famille juive pratiquante.
    La guerre va éclater et rendre la vie difficile même à Londres.
    Ziska va vivre des moments douloureux comme la perte de son père et de son frère d'adoption 
    Gary ; mais des épisodes heureux, des moments de complicité, de tendresse avec ses parents adoptifs, une amitié très forte avec Hazel et les sentiments amoureux qu'elle éprouve pour le jeune Walter vont l'aider à surmonter cette période difficile.
    Elle ne cessera pas de penser à sa Mamou, réfugiée en Hollande avec sa tante, son oncle et leurs deux filles.
    Pourront-elles se retrouver quand tout cela aura cessé ?...

    Un très beau roman bien documenté. J'y ai découvert l'existence des kindertransport qui ont permis à de nombreux enfants de fuir l'Allemagne. La vie des réfugiés est minutieusement décrite et de nombreuses questions sont soulevées. La difficulté d'adaptation de ces enfants séparés de leur famille et ne parlant souvent pas l'anglais, la suspicion qui régnait à cette époque vis à vis d'eux car ils étaient malgré tout des allemands, la vie en temps de guerre particulièrement bien évoquée, les différentes façon de pratique la religion juive...

    Un gros roman qui se lit pourtant très facilement, où l'on apprend beaucoup avec une héroïne tourmentée et très attachante.
    Un superbe roman historique à recommander aussi bien à de jeunes ados qu'aux adultes.

    Une idée des tourments de Ziska :

    J'avais deux familles, c'était aussi simple que ça. À l'heure où tant de jeunes du Kindertransport apprenaient que leurs proches avaient péri jusqu'au dernier, moi, j'avais deux mères, un père, un oncle, un futur mari éventuel et une amie de coeur. Que pouvait-on rêver de mieux ?
    Bekka, elle non plus, ne reviendrait pas. Jamais je ne m'y habituerais. Jamais je ne pourrais me persuader qu'elle était morte avec la consolation de m'avoir sauvé la vie. Jamais je ne cesserais de me le reprocher, de me demander s'il n'aurait pas été préférable que ce soit moi qui y passe, et de vouloir me racheter d'être en vie.
    En revanche, je pourrais essayer de me rappeler ce que je venais de découvrir ce matin-là : j'avais perdu Bekka, j'avais perdu Gary, mais je portais en moi quelque chose qu'ils m'avaient légué, chacun à sa façon. Et, si je réussissais à ne pas les laisser mourir à
    l'intérieur de moi, à préserver un peu du courage de Bekka et de la gaieté de Gary, alors, leur vie ne serait pas complètement éteinte, et il n'y aurait rien que je ne pourrais surmonter. (page 592)

     

     Nous faisons partie de ceux qui vivent avec leurs morts. Ils comptent sur nous.
    Tant que j'aurai de la voix, et tant qu'il y aura quelqu'un pour m'écouter, je prononcerai leurs noms et raconterai notre histoire... (page618)

     

    Vis, et sois heureuse, Ziska !

     

    5/5

     

     

     

    D'autres avis :

    Ricochet
    Histoire d'en lire
    Ptite souris
    Sophie lit
    Le blog de la Marmite

    BnF, La joie par les livres

     

    Vis, et sois heureuse, Ziska !

     


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  • Auteur : Fred Paronuzzi

    Éditeur : Thierry Magnier

    Collection : Roman

    Janvier 2013Là où je vais

    Couverture illustrée en couleurs, 77 pages, 21x12cm

    ISBN : 978-2-36474-270-9

    Prix : 7,20€

    Genre : récit de vie, vie quotidienne

    Thèmes : affirmation de soi, découverte, affection/émotion, adolescence, souffrance, changement

    Age conseillé par la BnF, La joie par les livres : à partir de 13 ans ; par Ricochet : à partir de 12 ans

     

    Quatrième de couverture :

    Il suffit parfois de 3 300 secondes pour que tout bascule. Léa, Ilyes, Clément et Océane, élèves au même lycée, vont en faire l'expérience. Ils se connaissent à peine mais ce jour-là, le temps d'un cours, chacun verra sa vie transformée. Quatre voix d'adolescents à la croisée des chemins.

     

    Mon avis personnel, à moi :

    Pendant moins d'une heure, on suit la vie de quatre adolescents.
    Il y a Léa qui est amoureuse de Julie, Ilyes fana de théâtre qui s'inquiète pour un de ses copains, Clément qui n'arrive plus à vivre depuis la mort de sa sœur Laurie et Océane qui a subi la violence d'un viol après une soirée trop arrosée.
    Ils ne se connaissent pas et la seule chose qui les réunis est le lycée.
    Tous vont, pendant ces cinquante minutes s'interroger, chercher à avancer, à résoudre leurs problèmes ; par la parole, la confiance qu'ils mettront dans certaines personnes, par le courage d'aller au bout de leur désir...
    Un roman court et intense qui démontre la difficulté de vivre des ados, la difficulté de survivre à certaines situations, qui parle de résilience ; mais aussi un roman plein d'optimisme et d'espoir.
    Une belle leçon de vie et un très grand coup de cœur. Une écriture émouvante, parfois poétique, toujours juste...
    À lire, partager et conseiller.

    Quelques réflexions de ces quatre ados :

    Océane :
    Clara embrassait un garçon. Elle m'a vue. Elle avait transpiré. Beaucoup. Ses cheveux lui collaient au front. Sa peau luisait. Ses yeux étaient vitreux. Franchement moche à voir. Mon miroir. Mon portrait craché. Moi un peu plus tôt. Elle s'est exclamée en rigolant que je cachais bien mon jeu, au lycée, avec mes airs de sainte-nitouche. Est-ce que je m'étais bien éclatée, là-haut, avec le très sexy Guillaume ?... Aucune méchanceté dans ces propos. Je pouvais m'en prendre qu'à moi. Je m'étais comportée comme la dernière des connes et j'étais tombée sur un salaud...

    Clément :
    Un avion en papier jaillit d'une fenêtre du deuxième étage, pareil à un SOS. Il entame un virage élégant avant de piquer du nez et de se crasher sur le bitume.
    Je vais bientôt quitter cet endroit. Sans doute pour toujours. Qu'est-ce qu'il m'en restera ? Qu'est-ce que je vais en garder ? Est-ce qu'on fait autre chose, toute sa vie, que juste frôler les lieux et les gens – sans qu'il n'en reste rien ?
    [...]
    Je ferme les yeux puis je respire à fond. Il y a le rythme du monde, partout autour de moi, et une lumière orangée qui tapisse l'intérieur de mes paupières. Et je sais déjà que dans dix, vingt, trente ans, je me souviendrai parfaitement de ce moment-là.
    Dans ma tête je m'adresse à toi, Laurie, seulement à toi, et je continuerai à le faire jusqu'à mon dernier souffle. Parce que j'ai, dans la gorge, les milliers de mots que je n'ai pas eu le temps de te dire. Parce que, surtout, je veux être certain de ne jamais te perdre.
    Je vais vivre, je te le promets.
    Pour moi d'abord, parce que c'est déjà très difficile, puis pour nous deux dès que je me sentirai assez fort.
    J'attends ce jour, Laurie, je ne renoncerai pas.

    Ilyes :
    Au début, je croyais que c'était une sorte de maladie un peu honteuse et probablement exotique puisque les Français, eux, semblaient en être immunisés. Pas de primo-arrivant chez les Gaulois. Et puis j'ai compris. Le primo-arrivant débarque d'un autre pays et ne parle pas la langue. Au mieux, il la baragouine. Et cela prête à rire. On imite son accent. On le caricature. On s'amuse de ses contresens et de ses confusions.
    C'était pour moi une vraie source d'angoisse et de frustration, comme se retrouver devant une porte fermée. Ou un puzzle dont les pièces ne parviennent pas à s'emboîter.
    Au début, j'osais à peine prendre la parole. Tout, en français, me paraissait friable, incertain. Je m'en méfiais.
    Puis très vite, j'ai réagi. J'ai appris à me défendre, à dompter cette langue sauvage qui m'échappait. À m'en faire une amie. À l'aimer.
    [...]
    Sa bouche remue, mais le reste de sa phrase est inaudible. Il donne le sentiment de se tenir en équilibre au bord d'un précipice. Un souffle et il pourrait tomber.
    Sans y penser, je pose ma main sur son épaule. Je ne me serais jamais imaginé faire une chose pareille. Cet élan imprévisible. Je me rends compte que je les aime bien, Yohan et lui, au fond, malgré nos différences. Peut-être même à cause d'elles. Sûr que la vie, c'est moins compliqué quand onmet les gens à distance, dans des boîtes avec des étiquettes dessus.

    Léa :
    Julie serre mes doigts entre les siens et je me fiche qu'on puisse nous voir.
    J'ose enfin suivre ce chemin qui m'effraie mais que tout réclame en moi, depuis des années. Je suis attirée par les filles. Oui. J'en aime une à la folie. Et alors ? C'est si rare et tellement précieux. Jamais je ne laisserai personne dicter ma conduite.

     

    Là où je vais

     

    5/5

     

     

    D'autres avis :

    Ricochet
    Les facéties de Lucie
    LivresAdos

     

     

    Là où je vais

     

     

     


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