• Charlie in my box

    Charlie in my box

    Hier, comme tous les mercredis depuis plus de 15 ans, j'ai trouvé le dernier numéro de Charlie dans ma boîte aux lettres.
    J'ai eu un pincement au cœur en le découvrant, caché dans son enveloppe de plastique gris... et aussi un peu d'appréhension : l'esprit de Charlie sera-t-il toujours là ?


    Puis j'ai découvert la une de Luz ; une caricature du prophète. Ce prophète au nom de qui de sombres imbéciles totalement dénués de sens de l'humour ont abattu des hommes et des femmes travaillant à la liberté d'expression, à la liberté de penser, à la liberté de la presse !
    L'athée que je suis n'arrivera jamais à comprendre ces gens qui croient en des entités aussi improbables que la vie sur Mars et qui pensent, en plus, que celles-ci pourraient cautionner ce genre d'actes barbares !
    Quand je pense à tout ce qui s'est passé cette semaine, à toute cette violence, à tout ceux que l'on a perdu et à ce que l'on risque de perdre, je sens que je commence à perdre confiance en la nature humaine.
    Tout cela est tellement con, tellement désespérant...


    Mais j'ouvre le journal et là, les yeux humides, je découvre les dessins de ceux qui ne sont plus là, puis je me penche sur l'apéro de Gérard Biard ; j'approuve régulièrement ses mots d'un hochement de tête et, arrivée à la dernière ligne, la dernière phrase, mes lèvres se retroussent et enfin le sourire revient.


    Charlie n'est pas mort !
    Ils ne l'ont pas eu ! Il est toujours là et bien là,
    son esprit n'a pas disparu !!!

    Toute l'équipe est au poste et tient bon la rampe !!!


    Au fil des pages, je retrouve les femmes voluptueuses de Wolinski, les œuvres picturales d'Honoré, les caricatures époustouflantes de Cabu et Tignous, l'humour toujours un peu scato de Maurice et Patapon de Charb, les analyses pertinentes d'Oncle Bernard, les articles d'Elsa Cayat qui rendent la psychanalyse moins barbante... et puis les articles de Pelloux, de Fischetti, de Madenian... ; les illustrations de Catherine, de Luz, de Riss, de Riad Satouf...
    (En pensant à leur correcteur, Mustapha, j'ai presque eu envie, pendant un moment, de traquer la faute ... mais je n'ai pas la prétention d'être aussi douée en français qu'il l'était !)
    Mais même si sous l'humour on sent poindre la douleur, la tristesse... ils sont tous là.

    Et ça, ça fait vraiment plaisir. C'est un peu comme si, tous les mercredis, je retrouvais une bande de bons potes avec qui on peut rire de tout et de rien, aborder tous les sujets, des plus légers aux plus graves, parler cul ou économie avec liberté, impertinence, irrévérence mais toujours avec tolérance et intelligence !


    Alors, je tiens vraiment à les remercier, tous ceux qui bossent et prennent des risques pour que chaque semaine une petite bulle de liberté et d'humour atterrisse dans notre quotidien pas toujours tout rose.
    MERCI à tous ces hommes et ces femmes qui sont Charlie, merci à eux qui FONT Charlie.

    Charlie in my box

    Voilà, je ne parle quasiment jamais politique, actualité (autre que littéraire) sur ce blog, mais là, j'avais envie de dire ce que je ressens (la colère, l'incompréhension, la tristesse...) et mon attachement à cet hebdomadaire depuis si longtemps, ce Charlie que j'aime tant...


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