• Romans pour adultes

    Romans de toutes sortes pour nous, les grands !

  • Les échouésAuteur : Pascal Manoukian

    Éditeur : Don Quichotte

    Août 2015

    Couverture non illustrée ; 297 pages ; 140 x 205mm

    ISBN : 978-2-35949-434-1Les échoués #MRL15

    Prix : 18,90 €

    Genre : roman

    Thèmes : clandestinité, solitude, entraide, émigration, immigration, insertion, amitié, misère

     

    Quatrième de couverture :

    "Le chien était revenu. De son trou, Virgil sentait son haleine humide. Une odeur de lait tourné, de poulet, d'épluchures de légumes et de restes de jambon. Un repas de poubelle comme il en disputait chaque jour à d'autres chiens depuis son arrivée en France. Ici, tout s'était inversé, il construisait des maisons et habitait dehors. Se cassait le dos pour nourrir ses enfants sans pouvoir les serrer contre lui et se privait de médicaments pour offrir des parfums à une femme dont il avait oublié jusqu'à l'odeur..."

    1992. Lampedusa est encore une petit île tranquille et aucun mur de barbelés ne court le long des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. Virgil, le Moldave, Chanchal, le Bangladais, et Assan, le Somalien, sont des pionniers. Bientôt, des millions de désespérés prendront d'assaut les routes qu'ils sont en train d'ouvrir.
    Arrivés en France, vivants mais endettés et sans papiers, les trois clandestins vont tout partager, les marchands de sommeil et les négriers, les drames et les petits bonheurs.

    Pascal Manoukian, journaliste et écrivain, a témoigné dans de nombreuses zones de conflits. En 2013, il a publié Le Diable aux creux de la main, un récit sur ses années de guerre dûment salué par la critique. Les Échoués est son premier roman.

    Mon avis personnel, à moi :

    Assan, Virgil, Chanchal... ils fuient différents pays, ils fuient la guerre, la violence, la misère, la faim....
    Tous échouent en France, le pays des droits de l'homme. Tous espèrent enfin pouvoir vivre, simplement vivre. Ne plus affronter l'horreur, ne plus voir les leurs souffrir.
    Mais la réalité les rattrapent : l'exclusion, l'isolement, le travail si mal payé qu'ils survivent à peine.
    Invisibles, ils seront pourtant vus par Julien. Avec lui, ils se créeront une nouvelle famille, retrouverons un peu d'espoir... un peu.
    Les clandestins : on parle d'eux dans les journaux, à la télé mais qui sait véritablement ce qu'est leur vie ?
    Sous la plume de Pascal Manoukian, ces clandestins, ces anonymes prennent vie.
    On sait plus ou moins ce qu'ils fuient, ce qu'ils cherchent ; mais grâce à ce roman, on le voit !
    De leur fuite éperdue pour sauver leur peau jusqu'à la vie -ou plutôt la survie- qu'ils mènent dans notre pays.
    Rien ne nous est caché : la solitude, l'indifférence terribles. L'exploitation des ces hommes, de ces femmes, la non reconnaissance de leurs droits.
    Ici, ce sont leurs peines, leur combat mais aussi leurs petits bonheurs que s'attache à décrire l'auteur.
    Assan et sa petite fille Iman qui depuis son plus jeune âge vit les pires souffrances ; Virgil qui ne cherche qu'à sauver sa famille ; Chancal qui veut survivre. On suit leur rude quotidien, on pleure et on rit parfois. On découvre ce que doivent vivre tant d'êtres humains dans ce pays qui n'a plus grand chose à voir avec les droits de l'homme...

    Tout le long du roman, on balance entre humanité et inhumanité. Sans concession, Pascal Manoukian nous révèle l'homme dans ce qu'il a de meilleur et de pire.
    Un roman qui trotte dans la tête longtemps après avoir été lu. Une tableau de notre époque assez désespérant malgré des personnages magnifiques que l'on n'est pas près d'oublier.

    Un roman coup de poing, un roman coup de cœur.

    Les échoués #MRL15

     

    5/5

     

    Un grand merci à Priceminister, à l'éditeur et bien sûr à l'auteur pour cette superbe découverte dans le cadre des Matchs de la rentrée littéraire

    Les échoués #MRL15

     De nombreux autres avis :

     


    2 commentaires
  • Trente-six chandellesAuteur : Marie-Sabine Roger

    Éditeur : Rouergue

    Collection : La brune au RouergueTrente-six chandelles

    Août 2014

    Couverture illustrée en couleurs ; 277 pages ; 140 x 205 mm

    ISBN : 978-2-8126-0681-6

    Prix : 20 €

    Genre : récit de vie

    Thèmes : mort, vie, amitié, amour, filiation

     

    Quatrième de couverture :

    Allongé dans son lit en costume de deuil, ce 15 février, à l'heure de son anniversaire, Mortimer Decime attend sagement la mort car, depuis son arrière-grand-père, tous les hommes de sa famille sont décédés à onze heures du matin, le jour de leurs 36 ans.
    La poisse serait-elle héréditaire, comme les oreilles décollées ? Y a-t-il un gène de la scoumoune ? Un chromosome du manque de pot ?
    Que faire de sa vie, quand le chemin semble tout tracé à cause d'une malédiction familiale ?
    Entre saga tragique et hilarante des Decime, quelques personnages singuliers et attendrissants, une crêperie ambulante et une fille qui pleure sur un banc, on suit Mortimer finalement résigné au pire.
    Mais qui sait si le Destin et l'Amour, qui ne sont pas à une blague près, en ont réellement terminé avec lui ?
    Dans son nouveau roman, Marie-Sabine Roger fait preuve, comme toujours, de fantaisie et d'humour, et nous donne une belle leçon d'humanité.

    Marie-Sabine Roger est notamment l'auteur, au Rouergue, de La tête en friche (adapté au cinéma par Jean Becker), de Vivement l'avenir (prix des Hebdos en région et prix Handi-Livres), et de Bon Rétablissement (prix des lecteurs de l'Express), qui sort en salles en septembre 2014, adapté de même par Jean Becker.

     

    Mon avis personnel à moi :

    Mortimer, dit Morty, était prêt : costume de circonstance, appartement rangé et propre, affaires classées. Prêt pour le grand saut comme tous les hommes de sa famille depuis des générations ; une fin programmée le jour de leurs 36 ans à 11 heures...
    Mais voilà, 11h05, 11h10, 11h15... et il est toujours là, bien vivant. La tradition familiale se perdrait-elle ?
    Et que faire d'une vie que l'on croyait définitivement raccourcie, tronquée, minuscule ?
    Que va-t-il devenir, lui qui n'a jamais envisagé l'avenir à long terme, ne s'est jamais engagé ?...
    Mais heureusement, il y a Nassardine et Paquita, un peu les parents qu'il n'a jamais eu et surtout Jasmine...
    Petit à petit, la vie va reprendre ses droits...

    Un roman qui oscille entre le tragique et l'ironie, entre le désespoir et l'humour. Des personnages hauts en couleur auxquels on s'attache très vite, comme Marie-Sabine Roger sait si bien les dépeindre : Paquita qui fait des crêpes de folie, se fringue comme une "radasse" mais a un cœur d'artichaut gros comme le monde, Nassar l'algérien à la philosophie magnifique, faiseur de café infâme,  tombé amoureux fou de sa pâquerette, Jasmine la fée clochette et ses chapeaux qui passe son temps à aider les autres sans qu'ils s'en aperçoivent... L'épopée de Mortimer Decime est une aventure, une aventure humaine, pleine d'amitié, d'amour...
    C'est que j'aime chez cet auteur, son écriture si personnel qui a le don de rendre le commun des mortels exceptionnel !


    (Une mention spéciale à Nassardine dont j'ai adoré la philosophie de vie :
     - Mon fils, il faut choisir. Soit on reste dans l'appartement
    à regarder du béton et à entendre les voitures au carrefour,
    soit on va là-bas : quatre pièces, un petit jardin, la vue sur la
    rivière. Peut-être ça inondera, peut-être pas, on verra. C'est le
    mektoub.
    - Oui, mais si ça inonde ?
    - C'est jamais monté plus haut que ça, il a dit, en montrant son genou.
    - Oui, mais si ça montait plus haut, Nassar ?
    - Ça ira bien, mon fils. On est étanches.)

    Un superbe roman, un moment de lecture formidable comme toujours avec Marie-Sabine Roger.

    Trente-six chandelles

     

    5/5

     

     

    Notation pour les matchs de la rentrée littéraire :
    Qualité de l'écriture : 4/5
    Plaisir à la lecture : 8/5 5/5
    Originalité du livre : 4/5

    Un grand merci à Priceminister Ramuken groupe pour ce roman découvert grâce aux Matchs de la rentrée littéraire.

     

    D'autres avis :

    - Clara et les mot
    - Ma petite bibliothèque
    - Des mots sur des pages
    - Bricabook
    - Charabistouilles
    - Mes étagères en franglais



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  • Nos angesAuteur : Jean-Baptiste Predali

    Éditeur : Actes Sud

    Février 2014

    178 pages ; 11,5 x 21,5 cm

    ISBN : 978-2-330-02752-0

    Prix : 19 €

    Genre :enquête, histoire

    Thèmes : Corse, nationalisme

    Quatrième de couverture :

    Le point de vue des éditeurs

    Ce matin-là, un employé municipal, Augustin, découvre un nourrisson sur la décharge publique d'un quartier de Borgu-Serenu. Dans ce faubourg déshérité où l'on prie Notre-Dame de la Miséricorde et raille avec volupté la police, l'ange miraculé s'installe bientôt dans les conversations, chacun commentant avidement le mystère de cette apparition. Tandis que l'événement attise la curiosité de la presse, la justice diligente une enquête que les solidarités ancestrales à l'œuvre au sein de la petite communauté locale ne tardent pas à condamner à l'échec.
    Loin de la ville qu'il a fuie le jour même, Augustin dresse, dans son refuge, l'amer bilan du combat indépendantiste auquel il a dédié sa vie : vingt ans ont passé et les ardents jeunes hommes jadis voués à la cause ont sombré dans la violence gratuite ou de mortifères lutte intestines. Pour le vieux militant comme pour le substitut du procureur ou les journalistes, également dépassés, l'enfant abandonné semble, de son anonyme main innocente, être venu désigner les plaies mal refermées et les abcès de fixation auxquelles un État impuissant et des institutions nécrosées sont incapables de porter remède.
    Mais ce roman incantatoire construit comme un palimpseste fait avant tout entendre le chant douloureux qui monte de ceux qu'une faillite collective condamne à subir leur existence de vivants sur le mode d'une autopsie permanente de tous leurs rêves de rédemption.

    Né en 1959, Jean-Baptiste Predali a passé son enfance en Corse. Après l'ENS de Saint-Cloud, il a fait carrière dans le journalisme, essentiellement politique, à France 3, France 2, puis LCP, La Chaîne parlementaire.
    Il est l'auteur, chez Actes Sud, de deux romans : Une affaire insulaire (2003) et Autrefois Diana (2007).

    Mon avis personnel, à moi :

    L’âpreté du style d'écriture m'a complètement déroutée..;
    Impossible de me plonger dans ce roman. Je l'ai commencé, abandonné, repris puis recommencé, mais jamais je n'ai réussi à m'absorber dans cette histoire pourtant intéressante.
    Je l'ai donc plutôt survolé que lu car j'avais quand même envie de connaître l'histoire d'Augustin cet employé communal au passé plutôt trouble. Découvrir aussi l'Histoire mouvementée de cette île, les conflits qui y ont régné et y règnent encore.
    Mais non, ce style d'écriture âpre, des phrases parfois terriblement longues et alambiquées, des sauts de lignes qui prennent de cours, l'impression que les phrases comportent trop de mots, des mots en trop (c'est bien la première fois que je ressens ce genre de chose !) ; tout cela m'a gêné dans ma lecture et je n'ai donc pas du tout pu apprécier ce roman qui plaît pourtant à de nombreux lecteurs. Je pense simplement que je ne suis pas faites pour ce genre de littérature ou (je devrais peut-être suspendre mes lectures jeune adulte qui m'éloigne de ce genre d'écriture si particulière !) ou que ce n'était tout simplement pas le bon moment (il faudra que je tente une nouvelle lecture plus tard peut-être).
    Je ne peux donc que donner mon avis personnel, une lecture difficile et sans plaisir pour moi mais qui, pour d'autres lecteurs certainement plus avertis, peut se révéler très agréable.

    Je remercie Babelio malgré cette lecture éprouvante ! Nos anges

    Nos anges

     

    2/5

     

    D'autres avis de lecteurs beaucoup plus éclairés que moi !

    - La Cause Littéraire
    - Versatile-Mag
    - L'or des livres
    - Le clavier cannibale


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  • Auteur : Laura Kasischke

    Traduit de l'anglais (États-Unis) par : Aurélie Tronchet

    Éditeur : Christian Bourgeois

    Août 2013

    Couverture illustrée en couleurs par John Register, 275 pages, 12 x 20 cm

    ISBN : 978-2-267-02522-4

    Prix : 20€

    Genre : Roman étranger, thriller

    Thèmes : relation mère/fille, adoption, Russie, famille

     

    Quatrième de couverture :

    Réveillé tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d'angoisse inexplicable. Rien n'est plus comme avant. Le blizzard s'est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant...

    "Et si c'était elle, le grand écrivain contemporain ? Laura Kasische, s'impose, livre après livre, comme la plus douée des romancières de sa génération." (François Busnel, Lire)

    "Douce et inquiétante, experte en malaise phosphorescent et ouaté, de livre en livre, elle a su bâtir un univers sans pareil, suspendu dans la rêverie aveuglante qui précède toujours le drame, ce moment de flottement où la clairvoyance se débat pour se faire entendre." (Marine Landrot, Télérama)

    Mon avis personnel, à moi :

    La quatrième de couverture laissait planer un mystère que j'avais très envie de découvrir.
    Mais cela a été long, très long, trop long.
    Ce huis-clos entre Holly, la mère, et Tatiana, la fille, dégage une atmosphère étouffante, oppressante.
    L'histoire se déroule le temps d'une journée, celle de Noël. Le père se retrouve coincé avec ses parents à l'hôpital ; les amis ne peuvent se déplacer pour cause de tempête de neige et les deux protagonistes se retrouvent donc seules en cette journée de fête.
    Tatiana est étrange, de plus en plus au fil du livre. La mère n'est pas en reste, son comportement semble déroutant, parfois inexplicable...
    Des choses surprenantes se déroulent dans cette maison, les comportements sont troublants, déconcertants parfois.
    Les flash-back sont incessants et en deviennent parfois lassants. Le lecteur a l'impression de faire du sur-place, que l'histoire n'avance pas et pourtant on souhaite ardemment savoir quel est ce quelque chose qui les a suivis depuis la Russie.
    Ce roman, malgré ses nombreux flash-back, ses situations qui varient peu, monte petit à petit en intensité ; le malaise s'amplifie et l'on se demande bien quel en est la cause.
    On sent bien qu'un malheur, une tragédie est la cause de tout cela...
    La dernière partie du roman va, enfin, éclairer le comportement d'Holly et de Tatiana et dévoiler le drame venu de Russie.
    Un roman avec une très bonne chute mais qui m'a paru tellement long, des personnages auxquels j'ai eu vraiment du mal à m'attacher, à comprendre...
    Je ne peux pas dire que se roman ne m'ait pas plu, mais les longueurs et les redondances m'ont lassées. Je n'ai pas adhéré à l'écriture de l'auteur ; c'est vraiment dommage, car la fin de ce roman vaut vraiment le détour.

    Je tiens tout de même à remercier Priceminister, les éditions Christian Bourgeois et l'auteur pour cette lecture.

    Note pour les matchs de la rentrée littéraire : 12/20

    Esprit d'hiver

     

     2/5

     

     

    D'autres (nombreux) avis :

    - Le tour du nombril
    - Livres Emois, Livres et Vous
    - Instantanés futiles
    - Les jardins d'Hélène
    - Les mots de Gwen
    - Me, Darcy and I
    - Le blog de Passion de lecteur
    - Sous les galets
    - She wore blue velvet
    - Les filles du 21e
    - Une tasse de culture
    - Les lectures de Cachou
    - Journal d'une lectrice
    - Littérature(s)

     


    3 commentaires
  • Auteur : Catherine Marx

    Éditeur : Tabou

    2012

    Couverture illustrée, 256 pages, 15 x 23 cm

    ISBN : 978-2-915635-97-3

    Prix : 18 €

    Genre : anticipation, dystopie

    Thèmes : gynocratie, féminisme, dictature, société

     

    Quatrième de couverture :

    "Il est des destins glorieux, d'autres tragiques. Je n'aspirais à aucun d'eux. J'avais envie de mener une vie banale, de passer inaperçu. Je désirais me fondre parmi la masse des étoiles, n'être ni une météorite traversant le firmament dans une traînée de lumière, de manière aussi prétentieuse qu'éphémère, ni de ces astres que l'on remarque par leur éclat insolent.
    Juste scintiller discrètement.

    Ce vœu timide et raisonnable ne fut pas exaucé. Parce que je suis né au mauvais endroit, au mauvais moment... La France, berceau de mon enfance, n'est plus le pays des Lumières depuis longtemps. Il y règne des ténèbres effroyables, glaçantes et mortifères.

    Cette nation dirigée par des êtres au cœur de pierre, a scellé mon destin. J'y devins celui qu'on pensait que j'étais..."

    France, 2050. Les féministes radicales ont pris le pouvoir, avide de revanche, usant de la loi pour réprimer tout comportement machiste. À Moralopolis, la science médicale se fait l'alliée politique d'un eugénisme à visée sécuritaire, au service d'un gouvernement despotique ayant réduit à néant la notion de liberté sexuelle. La peur y façonne les rapports sociaux et influe jusqu'aux comportements érotiques. Si les homme en pâtissent, les femmes en sont-elles pour autant plus libres et heureuses ? Pas si sûr...

    Après "Nid d'Ève, Nid d'Adam" (éditions Tabou, 2012), CATHERINE MARX développe dans ce roman certains de ses thèmes de prédilection : la liberté de disposer de son corps face à la médecine et au pouvoir politique, sans oublier l'influence majeure et délétère d'un féminisme radical venant miner les rapports hommes-femmes pour finalement saper les fondements de la liberté et restreindre l'idée du bonheur.

     

    Mon avis personnel, à moi :

    Franck Doutandre vit heureux, dans cette France de l'an 2050, avec Amandine. Lorsqu'elle parle enfin de mariage, tous deux décident de faire leur portrait génétique. Franck ne l'a pas fait, comme beaucoup d'autres, dès sa naissance, ses parents ne cautionnant pas vraiment cela. Mais les résultats ne sont pas ceux qu'il escomptait : il découvre qu'il est porteur du gène du viol. Amandine refuse de continuer sa route avec un violeur potentiel et le quitte. Mais tout va aller de mal en pis pour Franck. Au boulot, il tente maladroitement de flirter avec une collègue qui l'accuse de harcèlement. C'est ainsi qu'il se retrouve en stage de redressement moral et c'est là qu'il décide de se laisser guider par son soi-disant gène du violeur.
    Tout va s'enchaîner jusqu'au final bouleversant et inattendu.

    J'avoue avoir eu du mal à adhérer à ce roman au début ; les noms des personnages, dignes de Mickey Parade (Elsa Mindacié, Adèle Pouhain-Tendu, Annabelle Garre-Dechiourme...) m'ont laissé perplexe... puis je m'y suis habituée et me suis laissée entraîner dans ce roman dystopique.
    Le gouvernement gynocratique mis en place souhaite éradiquer toute trace de patriarcat. Les lois visent toutes à protéger les femmes, parfois au détriment d'hommes innocents. Les femmes au pouvoir font payer les siècles d'oppressions, d'injustices, de douleurs qu'elles ont subies lorsque les hommes gouvernaient. Leur lutte est légitime mais, à la tête de l’État, elles font exactement la même choses qu'eux, voire pire. L'injustice règne à nouveau mais maintenant ce sont les hommes qui en font les frais.
    Les personnages, malgré leurs noms un peu trop évoquateurs, sont dépeints avec psychologie. On découvre leurs différentes facettes ; les méchants ont aussi de bons côtés, et les gentils ne le sont pas toujours autant qu'on le croit (j'ai particulièrement apprécié le personnage de Annabelle Garre-Dechiourme, officier-instructeur lors du stage de redressement moral, présentée comme une femme rustre, sans cœur, détestant les hommes et au fil de l'histoire, on découvre une femme pouvant faire preuve d'une grande tendresse et d'une loyauté à toutes épreuves, jouant le rôle que la société lui a assigné comme à de nombreuses femmes).
    Ce roman dénonce le féminisme extrême et défend un modèle que l'on est encore loin d'atteindre. Un modèle où l'on ne jugerait plus de la qualité d'une personne d'après son genre, où hommes et femmes cohabiteraient en bonne intelligence, utilisant les capacités, les aptitudes, les talents de chacun, sans tenir compte du fameux chromosome X ou Y, pour faire une société meilleure !
    Il est vrai qu'au début de ce roman, j'ai été un peu agacée par la représentation d'un gouvernement féminin aussi despotique ; pour moi, il était très difficile d'imaginer que des femmes, ayant souffert si longtemps d'oppression, puissent être pire que les hommes : mon féminisme était touché, mis à mal par ce livre. Puis, au fil des pages, j'ai compris que ce que dénonçait l'auteur n'était pas tant ce féminisme que le fait de vivre, de baser toute chose sur le genre... et non pas sur la personne. Elle a tout à fait raison de penser qu'une société meilleure ne peut exister que si l'on tient compte de chaque individu dans son entièreté et pas seulement sur le fait que ce soit un homme ou une femme. Elle dénonce également l'abus que l'on peut faire de la génétique, de la loi, de la justice...
    En fin de compte, il s'agit non seulement d'un roman dystopique mais aussi d'un roman révolutionnaire qui prône l'égalité entre tous sans distinction de sexe, de couleur, d'âge... qui dénonce la dictature, l'injustice et tellement d'autres choses.
    Un roman que je n'aurai peut-être pas conseillé à la lecture des seules premières pages mais qui, après en avoir lu les derniers mots, ne nous laisse pas indifférent et nous pousse à nous poser de nombreuses questions sur notre société et surtout sur celle que l'on souhaite voir naître...

    Moralopolis 

     

    4/5

     

    D'autres avis :

    - Salon littéraire
    - Le blog des livres qui rêvent
    - Tous les livres

    Roman lu dans le cadre de , je tiens à remercier Babelio et les éditions Tabou pour cette excellente lecture.

     

     


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